Après un accident, une agression, une perte brutale ou une situation vécue comme menaçante, il est normal de rester bouleversé pendant un certain temps. Le corps et le cerveau ont été confrontés à un danger et ont mobilisé leurs mécanismes de survie.
Le plus souvent, les réactions diminuent progressivement. Mais parfois, quelque chose semble rester actif : des images reviennent, certaines situations sont évitées, le sommeil est perturbé, le corps sursaute au moindre bruit ou une sensation de danger persiste alors que, rationnellement, on sait que l’événement est terminé.
C’est notamment ce qui peut se produire dans le stress post-traumatique.

Qu’est-ce qu’un traumatisme psychologique ?
Un traumatisme ne se définit pas seulement par l’événement vécu, mais aussi par la manière dont celui-ci a débordé les capacités de la personne à y faire face.
Face à un danger intense, le cerveau et le corps mettent immédiatement en œuvre des réactions de survie : fuir, lutter, se figer. Ces mécanismes sont automatiques et ont une fonction essentielle : nous protéger.
Après l’événement, le système d’alerte est censé progressivement retrouver son fonctionnement habituel. Mais il arrive que l’expérience continue à produire des effets longtemps après.
On peut alors observer des réactions très différentes : anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, difficultés de concentration, évitement de certaines situations, sentiment d’insécurité, réactions émotionnelles intenses ou encore hypervigilance.
Ces manifestations ne signifient pas automatiquement qu’une personne souffre d’un traumatisme ou d’un trouble de stress post-traumatique. Elles invitent en revanche à s’intéresser aux répercussions que l’événement continue d’avoir dans sa vie actuelle.
La mémoire traumatique : quand le passé continue à se vivre au présent psychologique ?
Habituellement, nos expériences sont progressivement intégrées à notre mémoire. Nous pouvons nous en souvenir tout en sachant qu’elles appartiennent au passé.
Dans une expérience traumatique, cette intégration peut être perturbée. Certains éléments restent fortement associés aux émotions, sensations corporelles, images ou pensées présentes au moment de l’événement. Un son, une odeur, un lieu, une situation ou une sensation corporelle peuvent alors suffire à réactiver tout ou partie de cette expérience.
La personne sait parfois parfaitement, rationnellement, que le danger est terminé. Pourtant, son corps continue à réagir comme s’il était encore présent. C’est ce décalage qui peut être particulièrement déconcertant : « Je sais que je suis en sécurité, mais quelque chose en moi continue à se sentir en danger. »
Cette activation peut aussi se manifester la nuit : difficultés d’endormissement, cauchemars ou réveils répétés. J’explique plus largement le lien entre activation du système nerveux et sommeil dans mes articles sur les pensées qui empêchent de dormir et sur les réveils nocturnes entre 3 h et 5 h.
Qu’est-ce que le trouble de stress post-traumatique (TSPT) ?
Toutes les personnes ayant vécu un événement traumatique ne développent pas un trouble de stress post-traumatique, ou TSPT. Lorsque celui-ci s’installe, plusieurs types de manifestations peuvent être présents :
- des reviviscences : flashbacks, images intrusives, cauchemars ;
- des évitements : certains lieux, situations, personnes, pensées ou souvenirs sont évités ;
- une hyperactivation : hypervigilance, irritabilité, troubles du sommeil, difficultés de concentration, réactions de sursaut ;
- des modifications durables des émotions et des représentations : culpabilité, honte, sentiment d’impuissance ou croyances négatives sur soi, les autres ou le monde.
Ces symptômes peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne, les relations ou le travail. Le diagnostic de TSPT relève d’un professionnel de santé.
Et la dissociation ?
Face à une situation vécue comme insupportable, il arrive aussi que la personne éprouve une forme de déconnexion. La dissociation peut prendre différentes formes : sensation d’irréalité, impression d’être spectateur de ce qui arrive, déconnexion des émotions ou des sensations, confusion, souvenirs fragmentaires ou impression d’être « à côté de soi ». Elle peut constituer une réponse protectrice dans une situation qui ne peut être ni fuie ni combattue.
Là encore, il ne s’agit pas de rechercher à tout prix un traumatisme derrière chaque manifestation. Une même difficulté peut avoir plusieurs causes et nécessite d’être comprise dans l’histoire et la situation propres à chaque personne.
Peut-on retraiter un souvenir traumatique ?
L’objectif d’un travail sur le traumatisme n’est pas d’effacer le souvenir, ni de faire oublier ce qui s’est passé.
Il s’agit plutôt de permettre à l’expérience de prendre progressivement sa place dans le passé : pouvoir se souvenir sans que l’ensemble du système d’alarme se déclenche comme si l’événement était encore en train de se produire.
Parmi les psychothérapies utilisées dans le traitement du stress post-traumatique figure notamment l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing). Cette approche utilise des stimulations bilatérales, notamment des mouvements oculaires, pendant le travail sur le souvenir traumatique.
Le retraitement vise notamment à modifier la manière dont l’expérience est intégrée et vécue aujourd’hui : les images, émotions, sensations corporelles et croyances associées au souvenir peuvent progressivement perdre une partie de leur charge
Les stimulations bilatérales dans mon accompagnement
Dans ma pratique, je propose un travail par stimulations bilatérales alternées inspiré notamment de l’EMDR, associé à des outils issus de l’hypnose et de la sophrologie.
Le travail ne consiste pas à vous faire raconter en détail ou revivre systématiquement l’événement. Nous cherchons d’abord à comprendre ce qui reste actif aujourd’hui : une émotion, une sensation, une image, une réaction, une croyance ou un comportement d’évitement.
La sécurité, les ressources de la personne et son rythme restent essentiels avant d’envisager un travail de retraitement.
Si vous avez vécu un événement qui continue à avoir des répercussions dans votre vie, vous pouvez consulter ma page consacrée à l’accompagnement du traumatisme ou me contacter afin que nous échangions sur votre situation.
